mercredi 10 août 2011

Bilan

Quand j'étais petit - situation qui arrive à tous les humains - on m'envoya en pension en région parisienne depuis un petit village minier. On prenait d'abord un omnibus qui nous amenait de Libercourt à Douai et là on montait dans l'express qui nous déposait à Paris. Tant que je voyais ma gare, puis ma maison, puis le toit de l'église et les dernières habitations du village, je me sentais chez moi. Puis on abordait Lesforest où il y avait une piscine. C'était le début de l'inconnu et de la séparation pour trois mois. Mais un jour, je me suis dit que le fond de mon jardin touchait celui de mon voisin et lui le fond du sien touchait celui de son voisin de l'autre côté et de proche en proche je me suis rendu compte qu'en réfléchissant ainsi on pouvait arriver jusqu'au portes de mon collège. Le seul problème c'est que de jardin en champ, on gagnait en étrangeté.

C'est de cette manière qu'il faut penser de Pékin. Somme toute, il n'y a que 8400 km qui nous sépare et ce n'est rien par rapport aux 380 000 km qui nous séparent de la Lune ou aux 5 millions qui nous permettraient de visiter notre soleil. Mais voilà, il y a ce facteur d'étrangeté. Eh bien dans les années 1980, dans "Libération" on avait parlé d'une grave étude sur ce problème. Et l'auteur avait conclu que l'étrangeté dépendait de la distance entre deux points géographiques.

En fait la distance entre les Chinois et nous a commencé à s’agrandir quand les humains sapiens ont quitté l'Afrique entre 200 et 150 000 ans. Les uns sont partis vers l'Europe, d'autres vers le Moyen Orient et les derniers vers l'Asie. Cette distance s'est consolidée pendant les cent mille ans où tous les humains furent des chasseurs cueilleurs. On estime que la densité évoluait autour d'un humain au km². Puis ce fut la révolution agricole avec la domestication des céréales et des plantes vivrières et surtout celles des animaux dont le cheval et le bœuf. Certes ils nous apportaient la viande énergétique mais surtout le transport rapide et la traction si on les compare à la marche à pied. Et à ce moment là commence les grandes migrations qui deviennent rapidement de grandes invasions. Et ... l'occasion de se retrouver mais hélas comme étrangers et ennemis.

Mais que s'est-il passé pendant ces 100 000 de séparation? Le langage est apparu mais chacun le sien. Ce qui renforce l'idée que l'autre est un barbare parce qu'il parle un langage impossible. Et quand l'écriture s'impose là aussi c'est la foire. Alors que dans le bassin méditerranéen on en arrive à un alphabet d'une petite trentaine de voyelles et consonnes, les chinois inventent jusqu'à 40 000 caractères   - même si 9 000 sont véritablement en cours - qui ne sont ni des voyelles ni des consonnes mais au début des mots signifiants puis des demi mots.  Allez donc apprendre le chinois, vous verrez qu'on a plus vite fait d'apprendre le langage des sourds muets !

Somme toute, ce n'est qu'une histoire de distances et non un mystère ou un quelconque génie qui voudrait qu'une langue soit plus belle ou plus utile qu'une autre.

Mais ce qui concerne la langue concerne également les mœurs et les coutumes, la gestion de l'état, la vie en société plus généralement l'éthologie. Il y a beaucoup de gens qui ont une vision hiérarchique où les gouvernants gouvernent, les riches s'enrichissent, les pauvres s'appauvrissent. Cela est vrai pour tous les humains sauf que les chinois le font à la chinoise, les français à la française et qu'en permanence pour ces raisons d'étrangeté, les français finissent pas estimer que leurs solutions sont plus adaptées tandis que les chinois en pensent de même en ce qui les concerne. C'est pour de telles raisons mais aussi parce que nous avons tous besoin de nos ressources de vie  et de reproduction que parfois la pénurie nous amènent à nous servir chez les autres d'autant plus qu'ils sont moins civilisés que nous. Salut à Cortes, Pizarre, à tous les colons venus d'Europe qui s'emparèrent des Amériques, de l'Afrique, du Moyen Orient et qui espérèrent avaler l'Asie dont la Chine.
Nous aurions tort peut-être de trop y revenir sauf que dans quelques années, l'Empire du Milieu risque de devenir l'Empire de la Terre. Mais il est bon de ne pas oublier que nous sommes tous des égoïstes quand nous sommes les plus forts et des altruistes quand la chance tourne. Mais l'Empire du Milieu surmontera-t-il la pollution des villes, la pénurie des matières premières voire la coalition du reste du monde. Malheureusement, nous devons penser à ce problème et quelles que soient les réponses, nous préparer à être égoïstes ou altruistes.

mercredi 3 août 2011

mercredi 3 août 2011

Reportage - mercredi 3 août 2011 19:39Cette fois, il s'agit d'atterrissage: être à Pékin le matin c'est à dire dans un univers à 8400 km d'ici et de se retrouver à Paris au soir, il faut gérer cela en douceur: ranger les porcelaines fines avant de sortir les beaux ustensiles français.

Hier matin nous avons quitté l'hôtel à 7h ( 1h du matin en France) en espérant trouver un taxi. Mais il y avait trois valises. Ce n'est que le troisième - attente de 5 mn, ce qui est satisfaisant - qui a accepté d'en mettre deux sur le siège droit avant et une dans son coffre. Les taxis sont moins grands qu'à Paris. Puis métro, puis train rapide vers l'aéroport, tout s'est passé comme une lettre à la poste. Dans l'Airbus, il y avait une rangée centrale de 4 sièges et deux rangées latérales de deux sièges. Pas de problème et à Helsinki, l'Airbus était plus petit: trois d'un côté et trois de l'autre. Le RER par rapport à Pékin était poussif car plutôt que de faire les points principaux gares et Aéroport Orly, il faisait omnibus: faut pas ruiner les taxis!

Les premiers contacts avec la rue parisienne sont dépaysants. Là bas le trottoir sert à se déplacer. Il y a parfois des bancs mais c'est minoritaire alors qu'ici, il y a toute une vie, les gens parlent, font du lèche vitrine, se restaurent ou boivent un coup. Là bas, c'est encore  une culture paysanne: on bosse, on fait des choses utiles avec le bon côté souriant et paisible. Mais si on se promène bien à 20° c'est moins vrai à 35°. Et surtout il n'y a aucun périphérique ou autoroute qui découpent Paris en mille morceaux. Même la Défense parait un peu village à côté de cela.

Et puis aujourd'hui, il pleut ici. Dans l'hémisphère nord, les vents dominants étant donné la rotation de la Terre, soufflent d'Ouest en Est. Nous avons la mer à l'Ouest, et il pleut et Pékin comme New York ont la mer à l'est et alors c'est la canicule sans eau. Et l'hiver contraste, la mer adoucit le climat et à Pékin et New York il fait froid et il y a beaucoup de neige. On en sortira pas des lois de la nature


dimanche 31 juillet 2011

dimanche 31 juillet 2011 - Petit Musée préhistorique de Wanfujing

Reportage - dimanche 31 juillet 2011 9:09
C'est jour de repos. La semaine, le groupe apprend le chinois et se promène un peu. Le samedi voyage organisé avec toutes les nations: néerlandais (invisibles), coréens ( très jeunes), allemands ( jeunes, en groupe et parlant fort), les russes ( jeunes, en groupe et les femmes sex-appeal) et les français ( peu de jeunes et l'essentiel autour de 50 ans et au dessus dont 3 plus de 70). Depuis que j'ai dit "dobry den" à un russe, on se salue.

Tout le monde se disperse aujourd'hui. Quelques français se retrouveront pour le repas du soir comme chaque jour. Pas mal sont déjà partis et la dernière semaine ce sera tous les jours quelques uns en moins.

Aujourd’hui visite au quartier Européen que j'ai découvert par hasard.

La brique de Darwin - plus de 800 pages - sur "la filiation de l'homme et la sélection liée au sexe" avance peu à peu. J'en suis à la page 600. Deux choses en ressortent. Darwin a deux conceptions de base: la Sélection Naturelle et la Sélection Sexuelle. C'est fantastique puisque sans le lire, j'ai organisé ma réflexion autour des ressources de vie et des ressources de reproduction. Dans la première, l'espèce vivante vit et recherche ses ressources de vie dont celles qui la protègent de tous les vivants non-humains et du non vivant. Dans la seconde, il y a chez l'humain le mariage éternel et, chez tous les animaux, il y a la lutte entre les mâles sauf exception pour la conquête de la femelle. Le combat pour la femelle chez l'humain est atténué par le mariage éternel mais il réapparait parfois de manière forte voire dramatique.



Reportage - dimanche 31 juillet 2011 22:48
Aujourd'hui, petites ballades dans les quartiers d'affaires et un petit musée de préhistoire: à l'endroit où ils ont fait leur  trou des halles autour de 1990, les promoteurs avaient trouvé des traces d'homo sapiens. 















Cela voudrait dire que depuis 400 000 ans, au moins et sans discontinuer, des humains ont habité le lieu où se trouve la capitale et ses 20 millions d'habitants. Signe que c'est un lieu propice. Il y a peu de coïncidence de ce type ailleurs.  De toutes manières, il faut se rendre à l'évidence, c'est quand même un pays qui fournit en ressources de vie et de reproduction  tellement de gens. La Chine est 19 fois plus grande que la France. Si la France était aussi grande, elle aurait 67 millions par 19 soit 1100 millions d'habitants, un peu la même chose par conséquent. Donc ce pays est aussi riche que le nôtre.

L'après midi comme il faisait 35° et pas un souffle de vent, je l'ai consacré à recopier mes notes et à avancer dans la lecture de Darwin.

Monique m'a raconté qu'il y a cinq ans la route à 6 voies n'étaient qu'une rue à quatre voies entourées de caboulots et petits commerces. Cinq ans après, on à l'impression qu'une autoroute traverse la ville et les gens se sont réfugiés dans les rue adjacentes. Mais j'avoue que transformer une grande campagne en une gigantesque Défense, c'est une catastrophe. On ne peut pas tous vivre le long des autoroutes. Mais je ne vois pas d'autres solutions sinon de regretter que la population ait explosé à ce point.

samedi 30 juillet 2011

30 juillet 2011 - Résumé de la 3° semaine

Résumé de la 3° semaine 30 juillet 2011


Semaine plus paisible qui permet de vivre Pékin au quotidien d'autant plus qu'entre deux canicules s'insinuent de la pluie et des orages assez puissants. En général la nuit. Ce qui est fort bienvenu car le lendemain le ciel est bleu et il y a une légère brise rafraichissante.

Dimanche 24
Retour au Musée National. Cette fois-ci ce ne s'est pas passé comme une lettre à la poste. Comme nous étions deux, Monique et moi, un gamin de la sécurité m'a envoyé vers la consigne. Or j'avais laissé ma nitroglycérine, mon couteau et mon arme à feu ( mon briquet) à la maison. La consigne s'en est rendu compte, m'a rendu mon sac, n'a pas pris les 20 yuans mais j'ai perdu 45 mn. Visite des Mings et des Qing. Moins copieux que la paléontologie, peut-être parce que cela rappelle des mauvais souvenirs d'échecs face aux colons européens.

Lundi 25
La quartier Xidan. Imaginons le trou des Halles avec toutes son effervescence et quelques centaines de mètres plus loin la Vieux Lille ou Wazemmes des années 70. Des hutongs, dit-on ici. Mais ils ne perdent rien à attendre. Dès que la poussée immobilière reprend, c'est l'exil à 30 km de Pékin et la destruction pure et simple et sans recours. 

Mardi 26
Musée de la Capitale. Une construction gigantesque en mezzanine de 5 étages qui en valent bien 20 mais avec une toupie qui déborde sur la façade et structure l'intérieur. A son pied, une salle audiovisuelle avec écran à 180 degrés pour montrer Pékin avant hier et hier. Ça fait oublier les temples poussiéreux  où une quantité de prêtres taoïstes ou de marchands du temple s'ennuie, dort, mange, regarde dans le vague ou interdit de photographier. L'histoire récente et antique de Pékin et toutes les scènes de rues et domestiques reconstituées avec des personnages en plâtre et haut en couleur.

Mercredi 27
Rendez-vous avec Téilhard de Chardin et l'Abbé Breuil à Zhoukoudian ( en ces temps là on disait Choukoutien), site de l'homme de Pékin, homo erectus qui vécut là de 500 000 à 250 000 ans , sorti d'Afrique vers 1,8 millions d'années et dont le cerveau de 800 g ne permettait que la fabrication de pierres taillées pour tous usages dont la chasse collective aux mammifères. Il n'y a que des cavernes. Ils y vivaient et en repoussaient l'occupant légal - l'ours ou la hyène - avec le feu qu'ils maitrisaient déjà. Très peu d'explications sur l'état actuel de la paléontologie. Une photo du jésuite du "Phénomène Humain" disparu depuis longtemps des librairies et pour cause: l'honorable scientifique partisan y avait vu la confirmation du message du Christ alors que Darwin, c'est quand même pas ça et c'est plus sérieux. Une photo de l'abbé Breuil mais seul les Français peu nombreux savent ce qu'il vient faire là. Un pèlerinage mais pas une vision satisfaisante de la paléontologie. D'autant plus qu'il y une caverne de - 30 000 ans et là c'est nous, les sapiens qui avons quitté l'Afrique il y a 200 000 ans. Mais qu'allait-il donc faire tous en Chine? Vous le saurez en lisant le blog qui suivra ce voyage de l'homme de Maubeuge de retour au pays.

Jeudi 28
Et si on se faisait une promenade à pied vers Chaoyang, le parc du Nord. Attention, il y a parfois deux kilomètres d'une station de métro à la suivante. Et, dehors, ce qui devait arrivé, arriva: la température montait. C'est l'histoire de la grenouille dans son eau qui est en train de chauffer. La fin de la ballade se fait avec la chemise trempée. Mais avant cela: des équipements de sports de haut niveau, puis plus loin un parc de manège plus grand que la Foire du Trône et à demeure. Tout en bon état, pleins de loteries, de jeux, une piscine en plein air, de quoi se restaurer aux quatre coins et puis Sony qui présente ses recherches sur le son et la lumière. Grand Public. Eh bien à l'entrée on recopie la carte d'identité et on se fait faire le portrait. Sony? C'est fini! D'ailleurs la télésurveillance est partout: bus, métro, couloirs. Ça a commencé à l'aéroport. Visa d'un côté et de l'autre souriez!

Vendredi 29
Il pleut. Mais il fait chaud aussi. Un peu de lèche vitrine à Wangfujing: pour voir si Zara, Rolex, et toutes les marques des Champs Elysées montent bien la garde de la consommation. Rien à ajouter. C'est comme à Paris. Sans intérêt.

Samedi 30
Après la pluie, le ciel bleu et un léger zéphyr. Visite du village olympique de 2008. "Oh, c'est haut, Pékin, RPC!" disait Gainsbourg avant de mourir. Puis amitiés à la dynastie des Qin - les derniers - qui ont construit le Palais d'été saccagé par les ignobles anglais  pour des histoires d'ouvertures de comptoirs. Comme par suite aux restrictions commerciales des chinois, les anglais voyaient que leur balance commerciale était déficitaire, ils voulaient que les Chinois achètent un peu anglais par exemple de l'opium produit en Inde. Ça vous rappelle rien: les appels d'Obama aux Chinois pour augmenter leur consommation ... consommation de quoi? de produits US, pardi!

Voilà, Pékin c'est fini! Mardi matin Monique et moi reprenons l'avion à 10h55 à Pékin pour arriver à 18h30 à Paris! Ce n'est pas le TGV mais nous allons remonter le temps et rendre 6 heures de décalage horaire.

samedi 30 juillet 2011 - Jardin de l'Harmonie Préservée

Reportage - samedi 30 juillet 2011 8:14Tu te rappelles peut-être de Jared Diamond . C'est cet auteur qui se pose la question "Mais pourquoi ce ne sont pas les Incas qui attaquent Madrid en 1539, mais Pizarre qui à Cajamarca écrase Atahualpa?". Il estime que ce qui dessert la Chine, c'est son monolithisme alors que l'Europe est divisée en une grande quantité d'états. Ainsi Christophe Colomb s'était d'abord adressé au Roi d'Espagne pour obtenir une flotte en vue de la découverte de l'Amérique ( il cherchait l'Inde). Comme on le lui avait refusé, il s'était tourné vers la République de Gènes qui s'était empressé de financer son voyage dans l'espoir de fameux gains. En Chine, au XV° siècle, un empereur a estimé que la Chine n'avait pas besoin de visiter le monde et le tour de l'Afrique par des bateaux chinois. Les découvertes chinoises sont restées sans lendemain.

C'est un peu le sentiment que l'on a ici. Il y a un seul centre de décision pour plus d'un milliard d'humains. C'est le monolithisme total. Nous en avons déjà parlé: en gestion de la direction d'entreprises, il y a deux écoles. L'une dit: il faut choisir le meilleur gestionnaire et lui laisser choisir son équipe. Plus les gens s'entendent, plus loin ils vont. L'autre estime, au contraire, que l'équipe doit être constituée de personnalités très différentes qui peuvent parfois entrer en conflit, mais cela permet de voir une catastrophe arriver puisque les sensibilités sont différentes. Il y a donc d'un côté le fonctionnement chinois et soviétique et de l'autre celui des Européens qui sont plus nombreux que les Chinois mais organisés en plusieurs dizaines d'états.
Pas facile la gestion du monde. Que ferais-je quand je dirigerai la Terre?

Aujourd'hui, dernière visite de groupe: le Palais d'Eté. Depuis les deux précédents voyages aux résultats mitigés, je me pose la question s'il faut y aller. Eh bien si. J'ai beaucoup vadrouiller seul cette semaine, on rejoint le groupe.

En fait voyage organisé ou voyage personnel, il y a des avantages des deux côtés. A plusieurs, on peut voir plus de choses et se faire des commentaires. Seul, on vise des choses précises et on approfondit. Il faut faire les deux.

Reportage - samedi 30 juillet 2011 21:38Le voyage organisé dépend beaucoup des personnes qui le composent. Il peut y avoir une bonne ambiance mais aussi des gens qui gâchent tout. Malgré cela les gens ont tendance à rester entre eux et on passe à côté de beaucoup de choses.

La journée  a été très chaude. Notre groupe a d'abord visité le village olympique de 2008. C'est géant. 





Puis amitiés à la dynastie des Qin - les derniers - qui ont construit le Palais d'été.

Ce qui pose problème c'est qu'à Pékin on trouve des temples et des palais des empereurs mais pas d'hôtels particuliers des puissants depuis le XVI° au XIX° siècle. Certes, beaucoup avait des palais à la campagne. Mais n'en avaient-il pas à Pékin? Il faudra éclaircir cela.
Ce palais est impressionnant, il y aura quelques photos









Ethologie
1 - Voyage à Pékin.

En 1979, il y a la Pologne, puis quelques années plus tard, la Tunisie. Les photos ne plaisaient pas car on y voyait peu d'humains. En juin 1989, encore une expédition d'une semaine avec Percq et une de ses connaissances pour les premières élections démocratiques en Pologne.
L'image emblématique de ce voyage à Pékin ce sont les rues populeuses et populaires arpentées en compagnie de Monique ou seul. Il restait des souvenirs d'octobre 2006, précédent passage en Chine sous forme de voyage organisé par des amis: Pékin, Shanghai, Luyong, Sian et Suxhou. Le souvenir des tours champignons qui dépassent celles de Paris. 
Mais le bilan de cette année 2011 ce sont quand même des temples sans vie que l'on reconstruit périodiquement et qui ne portent aucune trace du passé, une histoire d'un empire écrasant à qui a succédé un parti communiste tout aussi inatteignable. Mais ne faut-il pas l'accepter comme cela: dans tout état où la population évolue aux delà de centaines de millions d'habitants et étant donné que cet état doit maîtriser une telle quantité d'humains, le pouvoir ne doit-il être distant, lointain et décisif? Le choix est entre la crainte des bêtes sauvages ou bien une organisation rigide qui annihile ces craintes.
Pour se protéger contre cet écrasement, il faut néanmoins des entourages familial, affectif, et professionnel solides. Il faut également un certain culte de l'indifférence au nombre et à la mort.

2 - Il n'y en a que pour l'empereur.

Tous les palais de Pékin et tous les temples appartiennent l'empereur. Où habitait l'aristocratie et les riches? Ils figurent dans les livres d'histoire, dans les annales et dans les textes qu'ils ont pu écrire. A Qufu, il reste la résidence des Kong ( descendants de Confucius) et même à Pékin on peut dénicher la Résidence d'un Prince Gong construite au XVIII° siècle. Il serait intéressant d'avoir un plan de Pékin du XV° au XIX° siècle où pour chaque siècle figureraient les palais des grands personnages de l'État.
Nos amis ont des comportements paradoxaux. En France, ils évitent les cathédrales et les châteaux mais ici dès qu'il il y a un palais ou un temple, ils n'ont de cesse de le visiter.
Au temps des communistes, il y avait des résidences réservées aux grands dirigeants et aux militants méritants. N'était-ce pas la méthode impériale? Comment percevait-il les impôts aux temps de empereurs? Quel en était leurs  poids sous les Ming en comparaison avec ceux de Louis XIV? L'ennui c'est que cela nous est décrit et raconté par les enseignants, une catégorie sociale modeste et qui voit l'impôt comme une charge plutôt injuste alors qu'il n'y a pas d'État sans impôt et pas de supériorité des humains sur les autres espèces sans le groupe ou l'état humain.

3 - A quoi cela sert-il de visiter Versailles?

A l'époque où le château a été construit, y vivaient le Roi, Le Reine, la Famille Royale ainsi qu'un certain nombre de personnes importantes qui les servaient. Le regroupement dans cette prison dorée asservissait encore plus l'aristocratie au Roi. C'était le XVII° siècle.
Il fallait que ce soit grand et beau et c'est toujours grand et beau. Mais aujourd'hui c'est le peuple qui veut s'y promener. Pour quelle raison? Il veut savoir dans quel luxe vivait le Roi Soleil. Il aime ce qui est beau, grand et exceptionnel. Il ne faut pas en déduire qu'il est royaliste ou qu'il souhaiterait être Roi. Il aime cela comme il aime toutes les constructions exceptionnelles et tous les phénomènes naturels qui sortent de l'ordinaire même si certains préfèrent les uns et d'autres les autres.
Dès qu'il y a quelque chose d'exceptionnel ou de beau à voir, il y a toujours des humains pour le visiter. Tout simplement.

4 – L'être et le néant éthologiques.

Nous devons nous habituer à l'existence d'un si grand nombre d'humains. Mais que sont les humains déjà si nombreux face aux milliards de milliards d'autres vivants, plantes ou animaux.
Comment concilier l'infini de notre conscience – car elle n'est pas dénombrable – et le quasi infini des vivants – car il est théoriquement dénombrable: même les grains de sables des plages correspondent à un nombre fini. Peut-être en mettant ces deux infinis en regard: c'est parce que nous concevons l'infini et l'éternité comme l'horizon de notre conscience que nous pouvons appréhender l'idée de l'infini de l'Univers.
L'infini de notre conscience comporte un piège mortel, celui de ne pouvoir nous penser nous morts, et l'infini de l'univers, celui de nous réduire à un quasi néant de notre vivant.
Comment éviter ces deux écueils? En les renvoyant l'un à l'autre: si je pense la mort, je pense ma réduction à néant.

5 - Darwin: sélection naturelle et sélection sexuelle.

La sélection naturelle concerne la protection d'une espèce par rapport à toutes les autres espèces et par rapport au non vivant. Il y va de l'imitation de l'environnement afin de se rendre invisible, de porter des couleurs criardes afin que les prédateurs pensent que l'on est immangeable et de bien d'autres ressources qui permettent de s'échapper à temps.
La sélection sexuelle concerne le partenaire à l'intérieur de l'espèce: l'attirer, le charmer, le retenir et réussir la reproduction. Ce qui est notable, c'est que chez un très grand nombre d'animaux il y une quasi lutte à mort entre tous les mâles pour l'obtention de l'accès à la femelle. C'est peut-être ce fait qui amène les humains à considérer que les animaux sont sauvages et les humains civilisés. Les humains ont inventé le mariage éternel monogamique ou polygynique à cet effet. C'est pour cette raison qu'il sont plus nombreux que la plupart des animaux. Mais ils ne sont pas plus nombreux que certains insectes ou certaines plantes.

vendredi 29 juillet 2011

vendredi 29 juillet 2011

Reportage - vendredi 29 juillet 2011 8:12
Prévisions pour aujourd’hui: brume le matin et pluie l'après midi. Mais toujours 33°.

Ethologie.

A chaque instant, c'est nous qui décidons quel chemin nous prenons. Mais connaissons-nous ce qu'il y a au delà du prochain virage. Les humains qui se répandirent en Eurasie il y a 100 000 ans environ se séparèrent  rapidement vers l'Est, le Nord et l'Ouest. Nous ne connaissons - un peu - que ceux qui ont trouvé des pays où "coulent le lait et le miel" - le sapiens de Pékin en est un - mais les autres ?

Ce débat sur l'évolution rappelle le débat entre le catholicisme et le protestantisme à la naissance de ce dernier. Le premier parle de volonté d'aimer Dieu et de réaliser sa mission et par conséquent de salut possible et l'autre de prédestination depuis le péché originel quasiment sans possibilité d'en sortir soi-même.

Mais nous versons dans la religion et c'est de science qu'il s'agit. Nous, humains, sommes le produit de l'Univers. Si nous pensons volonté, alors il y a très loin un dieu. Et s'il y a un dieu il est à notre image donc l'homme est supérieur à la nature. Sinon, nous avançons à tâtons et ne voyons pas plus loin que la portée de notre bougie.

Reportage - vendredi 29 juillet 2011 21:37
Il a plu une bonne partie de la journée.
J'aurais aimé entrer un peu plus dans le corps social d'aujourd'hui. Cela ne manque pas à mes amis qui apprennent le chinois car cette activité y répond tout à fait. Comme ce n'est pas ce que j'ai choisi, il aurait fallu que je puisse assister à des conférences ou des présentations. La télévision est un bon révélateur que ce soit celle qui parle anglais ou la chinoise ou enfin celles qui présentent l'opéra de Pékin.

D'un autre côté, il y a la manière différente des musées de fonctionner. Les tous nouveaux sont fantastiques car ils sont bien organisés et il y a assez de textes et des textes de bon niveau pour ne pas se sentir bernés. Mais tous les temples sont remplis de personnel qui ne font rien, qui dorment ou s'ennuient. Très souvent, les statues sont poussiéreuses. Il n'y a aucun texte.  Par contre beaucoup de salles sont remplies de souvenirs de toutes sortes. Quand il y a du passage ça va. Il arrive que l'on aille jusqu'au bout du musée et là on tombe sur une salle où plusieurs personnes sont livrées à elles mêmes devant des étals chargés d'objets à vendre mais jamais personne ne vient jusque là.

Quelques fois dans ces temples il y a des moines bouddhistes ( une fois) ou des religieux taôistes ( une dizaine de fois). Ils ne se préoccupent que d'interdire les photos, bayent aux corneilles, ou bien essaient de fourguer de l'encens, des amulettes en bois ou sous forme de cadenas en laiton que nous connaissons en France pour leur solidité. De véritables marchands du temple. Zéro spiritualité. Alors les amis eux tout cela ils le pardonnent parce qu'ils se baladent avec leur culture ou leur guide érudit. En définitif, ce sont les gens vus dans la rue qui sont les plus intéressants.

Ce n'est pas de la déception mais une  description de ce que l'on voit et un décalage par rapport à nos habitudes européennes. Quand je visite une église même vide, il s'en dégage un sentiment d'élévation de l'esprit. Sans oublier l'hypocrisie. Mais j'aime les églises. Les chinois sont des esprits très pratiques et nullement religieux. Il doit bien y avoir des intellectuels mais ils font leurs réflexions dans leur cénacle. Il n'y a pas la foule qui participe en masse à des cérémonies. C'est une expérience nouvelle. Il faut la faire.